
Le 25 mai 1926, Samuel Shalom Schwartzbard, anarchiste d’origine juive et ukrainienne, assassinait de 5 coups de révolver Simon Petlioura, lui aussi exilé ukrainien réfugié à Paris. Au moment de tirer, Schwartzbard s’écrit « Assassin ! Voilà pour les pogroms, voilà pour les massacres, voilà pour les victimes ». En tuant Petliura, il entendait venger les Juifs assassinés par les soldats de l’Armée Nationale Ukrainienne (UNR) de la République Populaire d’Ukraine, dirigées par Petliura. Schwartzbard se laissa arrêter par la police, et transforma son procès en tribune politique. Le procès Schwartzbard à Paris fut le premier, dans la pratique juridique internationale, à aborder la question de la responsabilité des dirigeants militaires et politiques pour les crimes commis par leurs troupes contre des civils. Schwartzbard fut acquitté, et son procès ouvrit la voie aux enquêtes sur le génocide et les crimes contre l’humanité. Vingt ans plus tard seulement, des accusations similaires trouvèrent une réponse claire lors des procès de Nuremberg, où les dirigeants du Reich furent condamnés. Il aurait certes été plus juste de tenir un procès pour les pogroms en présence de Petlioura, qui aurait pu se défendre. Parallèlement, le procès de son meurtrier donna un nouvel élan à la pratique mondiale consistant à punir les commandants pour les crimes de leurs armées, ce qui a aujourd’hui un impact positif sur la réduction des conflits armés où les armes de destruction massive menacent d’anéantir les civils.
Une jeunesse révolutionnaire dans la Russie tsariste puis dans l’exil
Samuel Shalom Shwartzbard (« barbe noire » en Yiddish) naquit le 18 août 1886 à Izmaïl, dans le sud-ouest de l’Ukraine, au sein d’une famille juive. Il demeure l’un des combattants les moins connus du soulèvement anarchiste (makhnoviste) ukrainien de 1917-1921.
À l’âge de 14 ans, Shwartzbard entra en apprentissage d’horloger. Durant cet apprentissage, il s’intéressa aux idées révolutionnaires et rejoignit le groupe socialiste local Iskra (L’étincelle en Russe), du nom du journal officiel du Parti ouvrier social-démocrate de Russie de Lénine (qui se scinda par la suite en factions bolchevique et menchevique).
Samuel Schwartzbard fut très actif dans le mouvement révolutionnaire de 1905 en Russie et participa à l’organisation de milices d’autodéfense juives constituées pour résister aux pogroms, ce qui lui valut d’être arrêté et emprisonné. Libéré dans le cadre d’une amnistie générale accordée aux prisonniers politiques par le tsar après la révolution de 1905, il s’enfuit en 1906 et, en exil dans l’Empire austro-hongrois, il devint anarchiste. En 1909, avec des anarchistes, il participe au braquage d’une banque à Vienne, pour financer la propagande. Condamné aux travaux forcés, il s’évadé après quatre mois de détention. Puis il commet un nouveau braquage dans un restaurant de Budapest, à la suite duquel, expulsé de l’Empire austro-hongrois, il trouve refuge en France en 1910, à l’âge de 24 ans.
Lors de la première Guerre mondiale, dès 1914, il s’engage dans la Légion étrangère. Il prend part aux combats de la Somme puis est incorporé dans un régiment d’infanterie de ligne. Grièvement blessé à la terrible bataille Verdun, décoré de la croix de guerre, il est réformé en avril 1917.
De tous les combats pendant la Révolution russe, la prise de conscience des pogroms
A l’annonce de la révolution russe, il décide d’y retourner pour y apporter sa contribution et son expérience militaire. En août 1917, sur le bateau français Melbourne qui l’emmenait en Russie, il est arrêté pour agitation communiste et livré aux autorités tsaristes d’Arkhangelsk. Il réussit ensuite réussi à gagner Pétrograd, où il sert dans les Gardes rouges (qui regroupait alors toutes les tendances révolutionnaires) puis dans un bataillon spécial de la Tchéka, envoyé en Ukraine, à Odessa. Là il participe aux combats contre les troupes roumaines. En 1919, Schwarzbard est responsable d’une brigade spéciale de cavalerie juive avec 90 hommes dans le sud de l’Ukraine sous les ordres de Grigori Kotovski, dans une unité de l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne (RIAU), d’inspiration anarchiste, qui était alors incorporée au sein de l’Armée Rouge.
A côté de ses activités militaires, il participe aussi efforts de mise en place d’un système éducatif libertaire, pour préparer le futur sur des bases révolutionnaires. Il tente de créer des écoles anarchistes indépendantes, mais était disposé à collaborer avec les bolcheviks même si ceux-ci centralisaient de plus en plus le système scolaire.
En 1919, Schwarzbard se trouvait à Kiev lorsque les armées nationalistes ukrainienne et russes blanche entrèrent dans la ville ; son unité avait été anéantie et dissoute. C’est durant cette période, juillet-août 1919, que Schwarzbard fut témoin des ruines et de la dévastation humaine causées par les pogroms – des images qui le hanteraient toute sa vie. Dans la tourmente de la guerre civile russe, quatorze membres de sa famille périrent dans des pogroms antisémites, dont son oncle bien-aimé, tué à Ananiv.
Il parvint à nouveau à prendre le train pour Odessa, où il fut dénoncé aux forces blanches qui contrôlaient la ville. Avant qu’ils ne puissent l’arrêter, il apprit qu’en tant qu’ancien soldat français, il avait droit à un passage pour la France. Fin décembre 1919, il embarqua à bord du bâteau Nicolas Ier et fit voile vers Marseille via Istanbul, Beyrouth et Port-Saïd. Il était de retour à Paris le 21 janvier 1920.

La douleur de l’exil à Paris
Il s’installa dans la capitale française, Samuel Schwartzbard et ouvrit tenait une boutique d’horlogerie au 20 boulevard de Ménilmontant (XXe arr.).

Très influencé par la pensée de l’anarchiste russe Pierre Kropotkine, il milita essentiellement dans les milieux anarchistes juifs émigrés. Il participe aux tentatives de reconstruction d’un mouvement anarchiste juif autour du groupe des Fraye sotsialistn (Les socialistes libres en Yiddish) fondé à Paris en 1924. Schwartzbard n’était pas sioniste, dans le sens où il ne souhaitait pas un Etat juif en Palestine, mais il et pensait que les Juifs persécutés devaient aller en Palestine où ils seraient à l’abris des massacres et qu’ils devaient s’unir avec les opprimés arabes pour lutter contre les colons britanniques et les bourgeois arabes. Pour lui l’union des prolétariats juifs et arabes du Mandat constitueraient un terreau fertile pour l’anarchisme. Il se plaçait dans la lignée de Bernard Lazare, anarchiste et premier dreyfusard, qui ne défendait pas l’idée d’un État juif, mais celle d’une nation juive. Schwartzbard contribue aussi à plusieurs articles pour le quotidien anarchiste new-yorkais Freie Arbeiter Stimme (« La Voix du travailleur libre » en Yiddish) sous le pseudonyme de « Sholem » — son prénom, mais aussi le mot yiddish pour « paix », un fait dont il était assez fier en tant que fervent admirateur du comte Tolstoï.
A Paris, Schwartzbard mène une vie paisible, comme le montre une photo de lui-même, de sa femme Anna et de leur chien César, posant devant leur boutique d’horlogerie. Mais, en dépit de sa naturalisation en 1925, il ne parvient pas à être « heureux comme Dieu en France », car il n’oublie rien du destin effroyable des siens en Ukraine. C’est pourquoi, dans un geste irréversible et théâtral, il va, face au crime des uns et à l’indifférence des autres, hisser farouchement le drapeau de la résistance en exécutant celui qui, en tant que président du Directoire ukrainien, commandant des troupes et pogromiste notoire, endossait à ses yeux comme à ceux de tous les juifs d’Ukraine une responsabilité à la fois personnelle et emblématique.
Ayant appris la présence à Paris de l’hetman Petlioura, socialiste et ancien chef du gouvernement autonome ukrainien en 1919-1920, qu’il tenait pour responsable des pogroms commis à cette époque, il décida de l’exécuter. En exil à Paris, Petlioura n’avait du reste pas désarmé, éditant un journal nationaliste et antisémite, Le Trident.
Dans ses souvenirs, l’anarchiste May Picqueray indique que Samuel Schwartzbard était en compagnie des anarchistes Alexandre Berkman, Mollie et Senya Éléchine et d’elle-même, lorsqu’il reconnut Petlioura dans un restaurant du Quartier latin. Selon Alexandre Skirda, Samuel Schwartzbard était un « familier de Nestor Makhno » auquel il s’ouvrit de son projet meurtrier. Opposé à l’attentat contre les personnes, Makhno tenta alors de l’en dissuader lui rappelant que Petlioura avait condamné les pogroms.
Le 25 Mai 1926 : « Assassin ! Voilà pour les pogroms, voilà pour les massacres, voilà pour les victimes ».
Le 25 mai 1926, revêtu de sa blouse blanche d’artisan, Samuel Schwartzbard, se poste rue Racine à Paris, dans le Quartier latin. Il attend quelqu’un de pied ferme. Quand à quatorze heures quinze, il croit reconnaitre l’individu qu’il attend, il s’approche de lui et lui demande à deux reprises : « êtes-vous Monsieur Petlioura ? ». Celui-ci se retourne et confirme. Alors Schwartzbard lui tire dessus au revolver à cinq reprises, criant : « Assassin ! Voilà pour les pogroms, voilà pour les massacres, voilà pour les victimes ». Le meurtrier se rend immédiatement aux policiers auxquels il déclare : « j’ai tué un grand assassin ! ».

Le procès de Samuel Schwartzbard commença le 18 octobre 1927 devant la cour d’assises de la Seine. Il est défendu entre autre par l’avocat Henri Torres qui, se contentant des trois témoignages sollicités par le président du tribunal, avait pris le risque de ne pas présenter à la cour ses quatre-vingts témoins venus de Russie et d’Ukraine. Torres, qui avait déjà obtenu gain de cause pour les anarchistes espagnols Buenaventura Durruti et Francisco Ascaso sous la dictature de Primo de Rivera, défendra Schwartzbard en une plaidoirie admirable. Boris Souvarine, le révolutionnaire russe originaire de Kiev, un des premiers critique du stalinisme dès 1920, apportera sa connaissance de la langue et de l’histoire révolutionnaire russes. Un journaliste judiciaire, Géo London, décrit, comme suit, Samuel Schwartzbard au moment du procès : « Maigre et roux, les cheveux longs, ondulés et rejetés en arrière (…) avec son teint clair, ses yeux bleus d’acier plus volontaires que rêveurs. ».


Schwartzbard ne chercha pas à nier sa responsabilité dans le meurtre de Petlioura, affirmant au contraire qu’il était justifié de venger les pogroms. Au cours des débats, interrogé par l’avocat de la partie civile sur ses opinions politiques, Samuel Schwartzbard se déclara fermement anarchiste. Le 26 octobre, il était acquitté sous les acclamations de l’assistance.
Selon le journal anarchiste Le Libertaire, par la suite, « Schwartzbard se consacra plus particulièrement à la propagande contre l’antisémitisme » et trouva la mort au cours d’une « tournée de conférences dont les bénéfices devaient servir à l’édition d’une encyclopédie en langue juive ».
Les calomnies contre Schwartzbard pour tenter de le faire passer pour un agent bolchévique ou russe
« J’ai ouvert, écrivit-il, un nouveau chapitre dans notre sombre et sanglante histoire millénaire : assez d’esclavage, assez versé de larmes, cessons d’implorer, de crier, de suborner ! » Cet assassinat en effet, c’était à la fois un acte de justicier, éperdu de piété envers les martyrs de son peuple et un appel à l’émancipation. Mais c’était aussi un geste politique de divulgation. Car Scholem Schwartzbard avait décidé de révéler spectaculairement à la France, patrie des droits de l’homme, comment les troupes commandées par l’ataman général Petlioura, nationaliste ukrainien de gauche, « bourreau en chef ou chef des bourreaux », sous couvert de défendre l’indépendance ukrainienne contre les armées soviétiques, avaient torturé, violé et tué près de 100.000 Juifs. Des dizaines de massacres organisés de juifs sont à mettre à l’actif de Petlioura et de son armée nationale ukrainienne. Orinin, cinq personnes assassinées; Brazlav, 82 personnes; Odorkhov, 700 tués et 800 blessés, le pogrome ayant duré douze heures ; Proskourov sous le commandement de l’ataman Semessenko, assisté de la brigade des cosaques zaporogues commandés par l’ataman Petlioura, sans compter les massacres perpétrés par ses généraux. Plus les défaites des armées ukrainienne se battant contre les bolcheviques s’accumulaient, plus les hommes de Petlioura se vengeaient sur les juifs. On a compté, durant les années 19-20, jusqu’à neuf cent cinq localités « pogromisées »…
Une campagne insidieuse a tenté dès le début de persuader les démocrates que Petlioura pâtissait d’une terrible injustice, qu’il était en réalité philosémite, comme il l’aurait prouvé en nommant un Juif membre de son directoire et que, de surcroît, il envisageait d’émanciper ultérieurement ceux que les tsars avaient astreints à résidence dans le sud de la Russie. Cette campagne a pris un tour officiel depuis que le gouvernement ukrainien a élevé en 2006 un monument à celui que le peuple considère comme le héros de son indépendance nationale et comme une victime des communistes. Avec la bénédiction des autorités françaises, une scandaleuse cérémonie d’hommage d’où furent exclus les journalistes eut lieu, en mai 2006, sur le tombeau du soldat inconnu, pour honorer le quatre-vingtième anniversaire de la mort du pogromiste.
Des Ukrainiens continuent à suggérer en effet, que Schwartzbard appartenait aux services secrets bolcheviks et qu’il avait agi sur ordre. Beaucoup de Français israélites, et pas seulement les dignitaires du Consistoire, ne furent pas insensibles à l’intoxication anticommuniste qui imputait l’assassinat de Petlioura à un ordre venu de Moscou et volait donc au modeste artisan juif et libertaire la paternité de son crime. Personne ne niera que Schwartzbard fut, dans ses années russes, anarchiste. Il ne s’en est jamais caché. Mais il rompit très vite – il s’en explique dans ses écrits – avec « la dictature bolchevique de Lénine et de Trotski » qui étouffait les anarchistes et les conseils ouvriers pour substituer à la dictature tsariste des « épigones [imitateurs tout autant] fusilleurs ». Il décida donc en son âme et conscience de ne pas se contenter de soutenir le groupe anarchiste juif et de militer à la Ligue des Droits de l’Homme. C’est donc, sur un double plan éthique et politique, une mauvaise action, c’est même une falsification que de le priver son acte de la pureté presque enfantine qu’il y a mise, en le faisant passer pour un agent des bolchéviques qu’il détestait autant que les antisémites nationalistes ukrainiens.
Une fin de vie modeste, marquée par la lutte contre l’antisémitisme
Le meurtre et plus encore l’acquittement eurent un retentissement immense chez de nombreux juifs qui avaient fui les pogroms, et allaient fuir la montée du nazisme. Ce ne fut pas là un fait divers mais un « crime fondateur » qui, en quelque sorte, devint comme un exemple à suiv re. David Frankfurter assassinera le 4 février 1936, à Davos, Wilhelm Gustloff, activiste du parti nazi suisse, et sera condamné à 18 ans de prison par la cour de Coire. Herschel Grynszpan, le 7 novembre 1938, assassinera le secrétaire d’ambassade Ernst vom Rath et sera livré par la police vichyste aux nazis ( Son acte servira de prétexte au déclenchement de la Nuit de Cristal). Et puis bien sûr, il y aura Marcel Rayman, résistant FTP de la MOI, la Main-d’œuvre immigrée, qui fut fusillé au Mont Valérien après avoir commis plusieurs attentats contre les troupes d’Occupation.
Mais ce modèle de l’action directe inspira aussi des intellectuels émancipés qui y virent l’éveil d’une nouvelle mentalité, de ce qu’ils appelaient à l’époque une « régénération ». Inspirées par les paroles et les écrits de Schwartzbard, nourries des témoignages apportés au procès, les protestations tant juives que non juives renchérissaient, dans une certaine équivoque antijudaïque parfois, en dénonçant la passivité, l’arriération, la Torah et les mœurs du ghetto. Il faut rappeler que beaucoup des responsables de la Résistance juive en France auront milité à la LICA.
Le procès retentissant et l’acquittement qui s’ensuivit furent relatés dans les principaux journaux du monde et Schwartzbard devint célèbre. Mais il préférait l’anonymat et c’est en tant que représentant de commerce pour une encyclopédie yiddish qu’il se rendit au Cap, en Afrique du Sud, en 1938.
À cette époque, il était déjà bien connu dans les cercles yiddishophones pour sa poésie et ses écrits, notamment : « Troymen un Virklikhkayt » (Rêves et Réalité), 1920 ; « In Krig – Mit Zikh Aleyn » (En guerre contre moi-même), 1933 ; et son autobiographie « In’m Loyd Fun Yorn » (Au fil des années), 1934.
Il n’était en Afrique du Sud que depuis un mois lorsqu’il fut victime d’une crise cardiaque et mourut. Il fut inhumé avec une grande solennité au cimetière juif de Maitland, lors des plus importantes funérailles publiques jamais organisées au Cap à cette date. Sa dépouille fut transférée en 1967, conformément à ses dernières volontés, en Israël. Une pierre tombale demeure néanmoins à Maitland.

en 1938
Schwartzbard avait auparavant demandé le droit de s’installer en Palestine sous occupation britannique, mais sa demande avait été rejetée. En 1967, un comité établi en Israël organisa donc l’exhumation de sa dépouille et sa réinhumation en Israël. Mais sa pierre tombale d’origine est toujours visible à Maitland, où la communauté juive locale organise chaque année une cérémonie en sa mémoire.
En mai 2000, des anarchistes sud-africains se sont rendus au cimetière du Père-Lachaise à Paris, à l’endroit où reposent les cendres de Makhno, et y ont glissé un tract anarchiste en zoulou dans le, en hommage à la diffusion considérable des idées makhnovistes depuis les années 1930. De cette façon, les compagnons anarchistes d’Afrique du Sud, honorent la mémoire de Shalom Schwartzbard pour son action directe contre les oppresseurs racistes.
Depuis, la figure de Samuel Shalom Schwartzbard inspire toutes celles et ceux qui – partout dans le monde – entendent lutter contre la tyrannie et le racisme et pour la fraternité universelle.
L’influence du procès de Schwartzbard sur le droit international et les crimes de guerres
Comme le fait remarquer Vyacheslav Azarov, anarchiste d’Odessa, sur son blog « le dernier des Makhnovistes », le procès de Schwartzbard a créé une onde de choc qui a modifié substantiellement le droit international.
Le procès Schwartzbard à Paris fut le premier, dans la pratique juridique internationale, à aborder la question de la responsabilité des dirigeants militaires et politiques pour les crimes commis par leurs troupes contre des civils. Schwartzbard fut acquitté, et son procès ouvrit la voie aux enquêtes sur le génocide et les crimes contre l’humanité. Vingt ans plus tard seulement, des accusations similaires trouvèrent une réponse claire lors des procès de Nuremberg, où les dirigeants du Reich furent condamnés. Il aurait certes été plus juste de tenir un procès pour les pogroms en présence de Petlioura, qui aurait pu se défendre. Parallèlement, le procès de son meurtrier donna un nouvel élan à la pratique mondiale consistant à punir les commandants pour les crimes de leurs armées, ce qui a aujourd’hui un impact positif sur la réduction des conflits armés où les armes de destruction massive menacent d’anéantir les civils.
100 лет со дня гибели Петлюры, убитого анархистом Шварцбардом в знак мести за еврейские погромы его армии. Через год после убийства Парижский процесс над Шварцбардом впервые в международной судебной практике обсуждал проблему ответственности военно-политических лидеров за преступления их войск против мирного населения. Шварцбард был оправдан, а сам его процесс заложил почву для расследований геноцида и преступлений против человечности. И уже через 20 лет подобные обвинения имели ясные ответы на Нюрнбергском процессе для вынесения приговоров руководству Рейха. Конечно, справедливее было провести процесс по погромам с участием живого Петлюры, который мог бы себя защищать. В то ж время, суд над его убийцей дал толчок к мировой судебной практике наказания командованиящих за преступления их армий, что сегодня сказалась на смягчении военных конфликтов, когда ОМП несет угрозу тотального уничтожения мирного населения.
На фото: Шварцбард в суде https://t.me/last_makhnovist/1334
