(Présentation et fonctionnement)
Document conservé dans les archives d’enquête du Département de la Justice/Bureau d’enquête, NARA M-1085, bobine 926, dossier 325570.
Le 8 avril 1919, par Edgar B. Speer
Rapport préparé au bureau de Pittsburgh du Bureau d’enquête.
À Pittsburgh, Pennsylvanie.
Du 6 au 9 janvier 1919, la 2ème Convention des Colonies russes s’est tenue à New York. Cent vingt-trois délégués y ont participé, représentant 33 975 Russes, selon le journal hebdomadaire du Soviet des représentants des travailleurs des États-Unis et du Canada. Les éléments indépendants de cette convention étaient représentés par 60 délégués ; l’Union des travailleurs russes (Union of Russian Workers), par 49 ; les socialistes, par 9 ; et les Travailleurs industriels du monde (Industrial Workers of the World, IWW), par 2 et les anarchistes, par 3. Lors du congrès, Peter Bianki, représentant à la fois l’Union des travailleurs russes des États-Unis et du Canada et les anarchistes, déclara à la tribune : « L’Union des travailleurs russes rejette toute forme de pouvoir et de gouvernement, car là où commence le gouvernement, la révolution s’achève, et là où règne la révolution, il n’y a pas de place pour le gouvernement.» Bianki ajouta que l’Union des travailleurs russes avait pu soutenir les bolcheviks dans leur lutte contre la contre-révolution, car les bolcheviks sont sans aucun doute la branche la plus révolutionnaire du Parti social-démocrate russe. Ce qui précède expose brièvement les principes actuels de l’Association des travailleurs russes, parfois appelée Union des travailleurs russes.
En 1907, les radicaux russes de New York ne disposaient pas d’une organisation structurée. Certains appartenaient au Parti socialiste-révolutionnaire, qui comptait également parmi ses membres des anarchistes russes. Des dissensions existaient au sein de cette organisation, notamment avec un anarchiste russe du nom de William Shatov, parfois appelé Shatoff, qui occupe aujourd’hui une place importante au sein du gouvernement de Lénine en Russie. Un autre Russe du nom d’A. Rode, qui vit toujours aux États-Unis ; un homme du nom de Dieproski ; un anarchiste finlandais du nom de Peterson, qui, semble-t-il, vit toujours aux États-Unis sous le nom de Peters ; et plusieurs autres.
Ces personnes se sont réunies et ont formé un groupe anarchiste russe. Le groupe existait depuis environ six mois lorsqu’il a commencé la publication d’un journal mensuel intitulé Golos Truda (La Voix du Travail). Ce journal a été publié pendant environ six mois à New York, avant que les services postaux de la ville n’interdisent sa diffusion en raison de son caractère anarchiste.
Grâce à l’influence de Golos Truda, le groupe anarchiste est parvenu à organiser un nombre considérable de personnes partageant les mêmes idées en groupes anarchistes à Philadelphie (Pennsylvanie), Chicago (Illinois), Brooklyn (New York) et Elizabethport (New Jersey). Après la suppression du journal, une conférence ou convention se tint à New York en 1908. Il fut décidé de créer une organisation, l’Association des travailleurs russes, et de publier un mensuel Golos Truda (La Voix du Travail) appartenant aux Éditeurs ouvriers russes de New York (Russian Labor Publishers of New York). Lors de cette convention, le journal fut désigné organe officiel des anarchistes-communistes des États-Unis, donnant ainsi naissance à l’Association des travailleurs russes, parfois appelée Union des travailleurs russes.
Chatov fut élu rédacteur en chef de La Voix du Travail, et A. Rode, secrétaire-trésorier. Un plan fut élaboré pour l’organisation de 50 sections locales dans différentes villes des États-Unis et du Canada, sous l’appellation d’Association des travailleurs russes. Le groupe de New York prit la direction de l’Association et élabora l’ensemble des plans et de la propagande. Le journal était publié mensuellement jusqu’en 1912. À partir de cette année-là, il devint hebdomadaire jusqu’à sa suppression définitive par le gouvernement fédéral en 1917, le dernier numéro paru le vendredi 13 avril. Les bureaux de publication se situaient au 586, rue Est 140.
En 1912, une convention de l’Association se tint à Philadelphie. Shatov et Rode avaient communiqué avec les anarcho-syndicalistes français et un délégué nommé Muchin fut envoyé de Paris. Sous l’influence de Muchin, Shatov et Rode, la Voix du Travail, qui prônait auparavant l’anarchisme-communisme, adopta l’anarchosyndicalisme. Lors de la convention de Philadelphie, il fut justifié ce changement par le fait que l’Amérique n’était pas encore mûre pour le communisme et que le syndicalisme, plus que le communisme, permettrait de mieux défendre les conditions de vie des travailleurs américains.
Après la convention, Muchin visita plusieurs villes des États-Unis et séjourna quelque temps dans la région de Pittsburgh. La Voix du Travail changea immédiatement de ligne éditoriale après la Convention de Philadelphie et commença à prôner l’anarchosyndicalisme. Cependant, cette décision fut prise sans l’aval des quelque cinquante sections locales présentes sur le continent. Il en résulta immédiatement de vives controverses.
Au sein de l’Association, un débat s’est instauré quant à la question de savoir si elle devait défendre l’anarchisme-communisme ou l’anarchosyndicalisme. Les sections locales semblaient également divisées, et en règle générale, leurs effectifs étaient tout aussi partagés. Une situation a ainsi engendré une faction soutenant Muchin, Shatov et Rode, et une autre s’opposant à ces trois figures de proue.
Les dissensions s’intensifièrent et faillirent paralyser l’Association lorsque, au début de la Guerre Européenne, le prince Pierre Kropotkine, père de l’anarchie moderne et partisan du communisme, adressa une lettre ouverte aux anarchistes russes du monde entier, les exhortant à rejoindre les Alliés et à combattre le militarisme allemand. Kropotkine justifiait cette action par le fait que, si le militarisme allemand triomphait, l’anarchisme-communisme, partout dans le monde, ne pourrait ni prospérer ni progresser. Dans sa lettre ouverte, il évoquait les événements de la Commune de Paris du 18 mars 1871, au cours de laquelle le gouvernement français perdit toute autorité sur la population parisienne. Conscients de la gravité de la situation, les aristocrates et diplomates français sollicitèrent l’aide de l’empereur allemand par l’intermédiaire de Bismarck. Ce dernier envoya une armée en France et écrasa la Commune de Paris.
La convention la plus importante de l’Union des travailleurs russes des États-Unis et du Canada fut sans doute celle de Détroit, qui se tint du 1er au 7 juillet 1914. Plusieurs résolutions y furent adoptées et intégrées par la suite à la Constitution de l’organisation. Des délégués de Brooklyn (New York), de New York, de Cosmopolis et Seattle (Washington), de Portland (Oregon), de Vancouver et Victoria (Canada), de Chicago (Illinois), de Cincinnati et Cleveland (Ohio), de Pittsburgh (Pennsylvanie), de Baltimore (Maryland), de Lynn, Salem et Brockton (Massachusetts) et de Providence (Rhode Island) y participèrent. L’Association, telle qu’elle existe aujourd’hui, fonctionne selon les statuts de 1914, qui n’ont subi aucune modification substantielle depuis. Les carnets de cotisations remis aux membres contiennent le préambule adopté par la Convention de Détroit. Le préambule est le suivant :
«La société actuelle est divisée en deux classes opposées : d’un côté, les ouvriers et les paysans opprimés, qui produisent par leur travail toutes les richesses du monde ; de l’autre, les riches, qui se sont accaparés toutes les richesses.
À maintes reprises, la classe des opprimés s’est soulevée contre les riches parasites et leur fidèle serviteur et protecteur – l’État – pour conquérir sa pleine libération du joug du capitalisme et du pouvoir politique ; mais à chaque fois, elle a subi la défaite, n’ayant pas pleinement conscience de son but ultime ni des moyens de remporter la victoire, restant ainsi une simple arme entre les mains de ses ennemis.
La lutte entre ces deux classes se poursuit encore aujourd’hui et ne prendra fin que lorsque les masses laborieuses, organisées en classe, comprendront leurs véritables intérêts et s’empareront de toutes les richesses du monde par une violente révolution sociale.
Après avoir accompli un tel changement et anéanti simultanément toutes les institutions du gouvernement et de l’État, la classe des déshérités devra établir la Société des Producteurs Libres, visant à satisfaire les besoins de chaque individu qui, de son côté, contribue à la Société par son travail et son savoir.
Pour atteindre ces objectifs, nous considérons comme primordiale la nécessité de construire une vaste Organisation Révolutionnaire des Travailleurs qui, par une lutte directe contre toutes les Institutions du Capitalisme et de l’État, doit former la Classe Ouvrière à l’initiative et à l’action indépendante dans tous ses actes, l’éduquant ainsi à la conscience de la nécessité absolue d’une Grève Générale – de la Révolution Sociale.
STATUTS DE L’UNION DES TRAVAILLEURS RUSSES
DES ÉTATS-UNIS ET DU CANADA, UNIS EN FÉDÉRATION.
Objectifs de la Fédération.
1. Unir toutes les Organisations de Travailleurs Russes aux États-Unis et au
Canada pour la lutte commune contre le Capitalisme et l’État.
2. Soutenir le mouvement de libération en Russie.
3. Appuyer les actions révolutionnaires des Travailleurs Américains.
4. Apporter un soutien moral et matériel à l’organe de la Fédération, Nabat.

Carte de membre de l’URW
5. Constituer des Organisations où Il n’y en a pas et il faut aider celles qui existent déjà.
Relations mutuelles de l’Organisation.
Chaque membre d’une Union a également droit à l’adhésion à égalité à toutes les autres Unions qui font partie de la Fédération.
Toutes les Organisations appartenant à la Fédération jouissent d’une pleine autonomie et doivent s’entraider matériellement et moralement, dans toute la mesure du possible.
Moyens de la Fédération.
Les moyens de la Fédération sont constitués des cotisations mensuelles de 10 centimes des membres de l’Organisation et des contributions volontaires.
Gestion de la Fédération.
Pour la gestion des fonctions de la Fédération, un secrétaire et un trésorier sont désignés qui assurent toute la correspondance de la Fédération. »
Une comparaison du préambule précédent avec celui de la Constitution des Industrial Workers of the World (IWW) révèle une similitude considérable. On peut raisonnablement supposer que l’Association des travailleurs russes s’est inspirée, au moins en partie, des IWW.
Dès sa création, l’Association a mis en œuvre un programme systématique de propagande visant à éduquer les immigrants russes aux États-Unis et à les convertir à l’anarchisme. Des écoles sont systématiquement créées en lien avec chaque section locale. Il était prévu que chaque section soit implantée dans un grand centre urbain à forte population russe. Lors de la création d’une section locale, une école du soir, ouverte trois à cinq soirs par semaine, était mise en place dans ses locaux. Environ 75 % des Russes qui immigrent aux États-Unis sont analphabètes ; ils ne savent ni lire ni écrire l’anglais, ni même leur propre langue. Avec la création d’une section locale et l’ouverture concomitante d’une école du soir, le secrétaire local annonçait que des cours d’alphabétisation étaient dispensés moyennant une modeste cotisation mensuelle. De ce fait, des Russes ambitieux mais illettrés devenaient, sans le savoir, membres de l’Association, croyant que le paiement d’une somme fixe correspondait aux frais de scolarité de l’école du soir et non aux cotisations mensuelles de cette organisation anarchiste. À mesure que les élèves progressaient, ils aspiraient à lire et recevaient aussitôt des brochures sur des sujets anarchistes. Ces brochures étaient distribuées aux différentes sections locales des États-Unis et du Canada depuis le siège de l’organisation à New York, situé aujourd’hui au 133, rue East 15th. Il semblerait qu’une grande partie de cette littérature soit désormais publiée à Détroit, dans le Michigan. Ces méthodes ont permis à l’organisation de recruter régulièrement de nouveaux membres. La matière première a été transformée en anarcho-syndicalistes, communistes et terroristes, et on leur a appris à « nier toute forme de pouvoir et de gouvernement, car là où commence le gouvernement, la révolution finit, et là où règne la révolution, il n’y a pas de place pour un gouvernement ».
L’Association, fondée en 1907 par une douzaine de radicaux brillants, compte aujourd’hui entre 10 000 et 15 000 membres. Parmi eux, certains savent probablement qu’ils appartiennent à l’Union des travailleurs russes, mais ignorent que cette organisation est anarchiste. Cependant, ils sont rapidement sensibilisés et, grâce au programme de formation mis en place par l’Association, le nombre d’adhérents ne cesse d’augmenter. L’Association a connu une croissance assez rapide entre 1908 et 1917, malgré les controverses entre anarchisme-communisme et anarchosyndicalisme. Chaque section locale organise ses réunions dans le plus grand secret, et l’existence de l’Association reste méconnue. Beaucoup de ceux qui connaissaient son existence la croyaient un regroupement de Russes enseignant à ses membres les devoirs et les privilèges de la citoyenneté américaine. Les fondateurs ont joué un rôle primordial dans sa gestion jusqu’en 1917, date à laquelle nombre d’entre eux sont retournés en Russie. Plusieurs ont joué un rôle de premier plan dans le soulèvement bolchevique contre le gouvernement Kerenski. Certains occupent aujourd’hui des postes à responsabilité au sein du régime de Lénine et Trotski. Shatov, l’un des fondateurs de l’Association et anarchiste aux tendances terroristes, est actuellement chef de la police de Petrograd.
Comme je l’ai mentionné, l’organe officiel de l’organisation, Golos Truda, a été supprimé par le gouvernement fédéral en 1917. Shatov en était alors le rédacteur en chef et A. Rode, le secrétaire et trésorier. Peu après la suppression du journal, Shatov partit pour la Russie, mais avant son départ, il confia à Adolph Sanabel, alias Adolph Schnabel Delas, alias Camarade Sabba, alias Camarade Savva, le programme de propagande de l’organisation. Sanabel était particulièrement bien adapté à cette tâche. Russe de naissance, mais d’origine germanique, il avait servi dans l’armée russe et participé à une partie de la guerre russo-japonaise avant de déserter. Anarchiste et partisan du communisme, il parle couramment plusieurs langues, dont l’anglais, et est versé dans les idées radicales. Homme à la présence imposante, orateur talentueux et fin stratège, Sanabel fonda en janvier 1918, avec le soutien d’un groupe anarchiste new-yorkais, le journal Nabat (Le Tocsin / L’Alarme). Cette publication reprit le travail de Golos Truda et devint l’organe officiel de l’Association des travailleurs russes. Avant la création de Nabat, Sanabel avait fréquemment des démêlés avec la police de New York, notamment avec la brigade de déminage (Bombing Squad). Il militait activement contre la guerre. Il publia Nabat en janvier, février et mars 1918. Le journal défendait une ligne éditoriale anarchiste-communiste.
Le dernier numéro parut en mars 1918 ; Nabat fut alors interdit par la police de New York, en collaboration avec des agents fédéraux, et Sanabel, craignant d’être arrêté, quitta la ville. Il s’installa à Détroit sous le nom d’Adolph Delas. Mécanicien de métier, il travaillait rarement et vivait principalement des modestes contributions que lui versaient des anarchistes russes. En janvier 1919, Sanabel entreprit une tournée dans l’est des États-Unis afin de renforcer l’Union des travailleurs russes et de créer de nouvelles sections locales. Il prévoyait de se rendre à Akron (Ohio), de passer une ou deux semaines dans la région de Pittsburgh, à Erie (Pennsylvanie) et à Buffalo (New York). Les anarchistes russes de Buffalo, bien que nombreux, n’étaient pas organisés, et Sanabel envisageait d’y fonder une section locale de l’Union des travailleurs russes. Il arriva à Pittsburgh vers la mi-février 1919 sous le nom de camarade Savva et passa environ une semaine dans le district à s’adresser secrètement à des anarchistes enthousiastes, dont beaucoup étaient des terroristes, et à des rassemblements publics russes. Il fut arrêté sur mandat du ministère du Travail et détenu en vue de son expulsion.
La dernière convention de l’Association se tint secrètement le vendredi 10 janvier 1919 au 133, rue East 15th, à New York. Cette convention suivit immédiatement la deuxième convention des Colonies russes mentionnée précédemment, qui s’était tenue à New York du 6 au 9 janvier 1919. La convention de l’Association du 10 janvier se tint au sous-sol du 133, rue East 15th et réunit une cinquantaine de délégués. Parmi eux, des délégués de Newark (New Jersey), Baltimore (Maryland), Philadelphie (Pennsylvanie), Hartford (Connecticut), Albion (Michigan), Bridgeport (Connecticut) et New London (Connecticut). Bronx (New York), Pittsburgh (Pennsylvanie), Ford City (Canada) et plusieurs autres villes. Tous les délégués ont fait état de progrès considérables au sein du mouvement anarchiste. Nombre d’entre eux ont rapporté que des terroristes étaient infiltrés dans leurs sections locales et prêts à commettre n’importe quelle action le moment venu de déclencher une révolution. Un délégué a rapporté que sa section locale avait prévu de s’emparer de l’église de sa ville et du pasteur russe afin de la transformer en lieu de divertissement. Adolph Sanabel, qui présidait la convention, a prononcé plusieurs discours. Dans l’un d’eux, il a déclaré : « Les églises sont ces institutions maudites que nous devons détruire comme première étape de notre tentative de révolution aux États-Unis.» Au cours de la convention, la question a été soulevée de savoir si l’Association devait conserver le nom d’Union des travailleurs russes ou se déclarer publiquement anarchiste. La question fut débattue pendant plusieurs heures et finalement close par l’intervention de Sanabel qui déclara :
« Camarades, après avoir écouté vos arguments pendant un certain temps, je constate que vous êtes aussi loin d’un accord qu’au début du débat. Pour ma part, et de mémoire d’homme, je n’ai jamais rencontré un membre de l’Union des travailleurs russesqui ignorât être anarchiste. Premièrement, conserver le nom d’ Union des travailleurs russesnous permettra de nous prémunir contre l’oppression gouvernementale.
Deuxièmement, nous pourrons attirer de nouveaux membres qui, aujourd’hui, craignent de devenir anarchistes ; je propose donc que nous conservions le nom d’Union des travailleurs russes. » La motion fut adoptée.
La question de la position de l’Association anarchiste vis-à-vis des bolcheviks fut ensuite abordée. Il fut finalement décidé de soutenir les bolcheviks en Russie et aux États-Unis, mais de s’opposer à la reconnaissance de toute forme de gouvernement par les bolcheviks. Peter Bianki fut élu secrétaire de l’Association et la convention fut levée. L’Association des travailleurs russes, parfois appelée Union des travailleurs russes, telle qu’elle existe aujourd’hui, est un regroupement d’individus qui rejettent le pouvoir de l’État et se sont déclarés favorables à l’anéantissement de toutes les institutions gouvernementales et étatiques. Ses membres sont
exclusivement des Russes, pour la plupart non naturalisés américains, versés dans toutes les formes de radicalisme mais ignorant tout de l’histoire et du système politique de ce pays.
Pour une meilleure compréhension des termes employés précédemment, voici quelques définitions :
Anarchie : Absence de tête, de chef. La philosophie anarchiste n’est pas constructive ; elle est purement destructive et philosophique. Les anarchistes prônent l’abolition de tous les gouvernements et de toutes les lois, ainsi que la suppression des districts et des frontières géographiques, afin que tous les hommes soient unis et égaux.
Syndicalisme : Le syndicalisme est un mouvement né en France à l’époque de la Révolution française, qui prône le renversement de tous les gouvernements et l’union des travailleurs du monde au sein d’une communauté coopérative. Dans le syndicalisme, l’absence de gouvernement se limite à la distribution des fruits du travail. Le syndicalisme a également été défini comme une anarchie économique.
Anarchiste-terroriste : Individu qui recourt à des tactiques de terreur au sein d’une communauté pour instaurer l’une des diverses formes de radicalisme.
Anarchiste-syndicalisme : Mise en œuvre du syndicalisme par des méthodes ou tactiques terroristes anarchistes, telles que l’action directe, le sabotage, l’expropriation, etc.
Communisme : Théorie de l’existence d’une communauté où les individus vivent dans l’égalité et exercent des activités industrielles, agricoles et autres, et où chacun a droit à ce qui est nécessaire à sa subsistance. Différents systèmes de distribution des fruits de ces activités existent entre les membres de la communauté.
Anarchiste-communiste : Théorie selon laquelle chaque individu doit recevoir ce qui est nécessaire à son existence. L’Association des travailleurs russes, telle qu’elle existe aujourd’hui, est divisée entre les partisans de l’anarchiste-syndicalisme et ceux de l’anarchiste-communiste.
Texte issu de la brochure » Les Activités antiguerre des anarchistes de l’Empire de Russie pendant la Première guerre mondiale (1914-1917) »
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Les Activités antiguerre des anarchistes de l’Empire de Russie pendant la Première guerre mondiale (1914-1917)
Table des matières
Introduction.
Les Activités antiguerre des anarchistes de l’empire de Russie pendant la Première guerre mondiale (1914-1917)
Quelques courants anarchistes russes des années 1900 – 1914 :
- Les anarcho-communistes Khlebovoltsy (du journal Khleb i Volya, Pain et Liberté)
- Les anarcho-communistes tchernoznamentsy (Bannière noire)
- Les anarcho-communistes beznachaltsy (Sans chef / autorité)
Quelques portraits d’anarchistes russes oubliés :
- Alexandre Youlevitch GUÉ (1879 – 1919)
- Apollon Andreyevich Kareline (1863 – 1926)
- Mikhaïl Raïva (1899 – 1917)
- Vladimir Vladimirovitch Barmash (1879-1938)
L’Association des travailleurs russes aux USA et au Canada parfois appelée Union des travailleurs russes (URW)
La marche contre la guerre МАРШ ПРОШВ ВОЙНЫ [1915]



